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 les choses aussi fragiles qu'une pensée, un rêve, une légende, elles peuvent continuer sans jamais s'arrêter (mini)

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Zasz E. Feodorovna
EPH △ mon seul moyen d'expression c'est de me renfermer sur moi même.

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DATE D'INSCRIPTION : 31/07/2012



MessageSujet: les choses aussi fragiles qu'une pensée, un rêve, une légende, elles peuvent continuer sans jamais s'arrêter (mini)   Mar 9 Oct - 22:47

On aurait peut-être dû tuer cette gosse à la naissance. Faire un pain de cinq kilos, les parents en auraient au moins eu pour la semaine. Ah, si j'avais pu les prévenir de ce qu'elle allait devenir cette gosse, si seulement j'avais pu les avertir de cette paire d'yeux trop grands et de ces cheveux bien trop longs. Trop emmêlés, contre ton esprit quand elle sourit. Putain, Mini, arrête de sourire tu me donne un mal de crâne pas possible. Mais en attendant elle est là, affalée sur mon sofa en train d'engloutir mon goûter. Je ne me souviens même pas qu'elle ait frappé à la porte; il me semble qu'elle ne le fait plus depuis un moment déjà. Mademoiselle est comme chez elle, bien à l'aise, le cul posé sur le sofa. Aussi bien et durablement installée que les cernes sous mes yeux. C'est dire.
La voilà tous les après-midi ou presque, quand elle n'est pas collée aux jupons de son roux, à liquider et mon thé et mes gâteaux. Elle les mange un par un, et deux par deux et trois par trois, et elle fait les yeux doux quand je gueule pour qu'elle parte. Parce que putain, ça se fait pas de gâcher un goûter. Surtout pas quand on sait que je pars quelques heures seulement plus tard, parce que je vais bosser et me bourrer de caféine. J'aurais pu alors la virer d'un coup de patte, hurler dans ses petites oreilles ou tirer sur ses joues dodues mais je sais pas, j'arrivais jamais à rien. En plus d'être trop petite pour que je la vois sans baisser la tête, elle a ce truc qui fait craquer. Typique des petites choses avec deux bras et deux jambes comme elle. Elle fait céder grâce à de grands yeux de biche et un sourire. Bien trop grand pour être sincère, il faut qu'il ne soit qu'un minimum hypocrite. Faux.
Menteuse, menteuse, menteuse.
Elle te regarde et tu craque, parce que tu peux pas dire non à ça. Je tends le bras, prends un gâteau et le lui donne. alors Mini, ça va aujourd'hui ? Dis-moi que ça ne va pas. Avec un pouvoir tel que la persuasion, la pauvre petite ne peut que répéter ce que je lui demande de dire. Victime d'un pouvoir comme le mien. Oh, Zasz, tu es si lâche. La voilà qui répète, tel un petit soldat à la guerre. Gauche, droite. Non, elle ne va pas bien. Oh, tu me soulage tellement quand tu dis ça. On se sent toujours mieux une fois exposé au malheur des gens. Parce qu'il y a toujours moyen que les leurs soient pires que les nôtres. Elle n'est peut-être même pas malheureuse, et se porte comme un charme c'est possible; mais la persuasion a ça de bien que je peux lui faire dire toutes les choses que je veux. La moindre pensée qui passe dans ma caboche peut sortir de sa bouche. Comme par magie. C'est réconfortant en un sens, de savoir que je peux si je le veux n'entendre et n'écouter que ce que je veux. Allez Mini, raconte-moi tes misères. Je t'appellerais Sophie, pour ses malheurs. Vas-y, fais-moi rêver; ne me fais pas regretter le fait d'utiliser ce moyen-là sur une enfant. Vas-y, parle-moi. Pleure, tant qu'à faire. Fais-moi me sentir mieux, allez.
On pose toujours une question en attendant qu'on nous rendre la pareille. Je dis : tu vas bien ? et on répond et toi ?. On ne veut connaître l'Autre que pour finir par soi. Moi, je veux qu'ils parlent pour me soulager. Parce que j'ai besoin de me dire qu'il y a pire; après tout, oh, je t'ai pas un bras en moins ou ne dors pas dans la rue. Je n'ai rien de tout ça, et j'arrive à me trouver malheureuse. Et les gens le croient.
J'ai jamais été bien bavarde. Ça bouillonne dans la cafetière mais le café coule jamais. J'aime pas parler. Le langage, c'est de la manipulation. On donne du sens à ce qui n'en a pas, et on explique ce qui ne l'était pas. Comme si chaque question avait besoin d'avoir une réponse. Broutilles.
Quand quelqu'un parle pas, on s'imagine toujours le pire. Quand quelqu'un pleure devant toi, tu pense toujours au pire qui puisse lui arriver. Et pourtant ça peut n'être qu'un manque de sommeil. Mais dans le doute tu demande pas. Dans le doute tu te tiens à distance. Ou tu sers d'oreiller, dans le meilleur des cas. Si tu es gentil tu te convaincras, à coups de « allez, demande-lui pourquoi il est triste. Y a bien une raison ! » Tout ça parce que t'es curieux, parce que toi aussi tu veux te soulager. Tu peux pas consoler quelqu'un avec des mots. C'est pas non plus parce que tu lui diras de pas s'inquiéter qu'il s'inquiètera pas. Et si tu lui dis que la vie vaut la peine d'être vécue, dans le pire des cas, il ne peut que ne pas te croire. Dans le pire des cas, l'Autre ne peut que se suicider. Se briser la nuque, se couper les veines, se jeter du troisième. Rien de bien grave; ils te rappelleront juste qu'ils sont plus courageux que toi pour sauter le pas. Tu les envoie voir ce qu'y a après, mais t'oublie un peu qu'ils ne pourront pas revenir. Triste fin. On pleurera habillé en noir, et tout ira vite mieux, tu verras.
Au pire, elle mourra. Faut bien, un jour; on finira tous six pieds sous Terre, autant aller droit au but.
Je souriais à l'enfant et lui tendais le dernier biscuit du paquet, avec le même sourire hypocrite que le sien : un dernier ?
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MessageSujet: Re: les choses aussi fragiles qu'une pensée, un rêve, une légende, elles peuvent continuer sans jamais s'arrêter (mini)   Mer 17 Oct - 14:32

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]



My mouth smile,
but not my soul.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]
Comme d'habitude depuis quelque temps, Mini se précipita chez Zasz, directement après l'école, en souriant de toutes ses dents, et presque en courant. Certes, elle faisait croire que la seule raison était les gâteaux de la jeune femme, mais ce n'était pas totalement vrai. Elle voulait surtout rester éloigné le plus possible de sa maison, de ses souvenirs, de ses pièces si vides... Mais ça, bien évidemment, elle ne le disait à personne. Alors elle continuait de venir, presque tous les après-midi, et de manger des sucreries, pour oublier, pour s'évader, pour fuir autant que possible la réalité.
La voilà donc, assise sur le sofa, souriant bien gentiment, mangeant aussi, mais avec de moins-en-moins d'appétit, son ventre se remplissant de plus en plus. Et là, évidemment, la question. Ça va ? Qu'est-ce qu'elle détestait cette question, Mini. On la lui avait posé tellement de fois, et elle avait menti tellement de fois, aussi... C'est une vraie discussion de sourd. Les personnes veulent savoir si tu vas bien, mais pour la plupart, si tu vas mal, ils s'en fichent royalement. Tout ce qu'ils veulent, c'est être rassurés, ne pas culpabiliser et se dire qu'ils ont fait une bonne action. C'est pour cette raison que la demoiselle répondait toujours positivement. Pourtant... Pourtant là, elle n'y arriva pas. « Ça ne va pas. » Elle serra les lèvres, surprise. Elle n'avait pas voulu dire ça. Elle voulait dire qu'elle allait bien, elle voulait continuer à mentir pour faire croire à sa petite vie parfaite, pour faire oublier son malheur, pour qu'elle-même n'y pense plus. Alors qu'est-ce qui s'était passé ? Même son psy n'avait jamais réussi à lui faire dire ça. Et la demoiselle connaissait encore moins Zasz que ce dernier. Elle fit la moue, puis secoua la tête et sourit. La crise était passé, c'était rien. Elle avait juste répété ce qu'avait dit Zasz, pour lui faire plaisir. Probablement. Peut-être. Mais ce n'était pas important. Oui, ça lui avait échappé, mais elle garderai le reste pour elle. Elle ne serait pas assez tête en l'air pour dévoiler son plus grand secret.
Un dernier ? Mini sourit à Zasz et sourit la tête. « Non merci, j'ai le ventre bien plein ! » Se disant, elle se frotta le ventre qui, effectivement, ne pouvait plus rien contenir d'autre. La demoiselle avait beau être gourmande, chaque chose à ses limites. Et celles de son appétit étaient son estomac, justement, cet estomac si traître et si petit qu'il arrivait toujours à étancher sa faim, mais pas sa gourmandise.
Et puis elle se souvint. Elle voulait dire quelque chose, quelque chose d'important, quelque chose qu'elle ne devait pas du tout oublier. Elle eut un nouveau sourire, pleine de joie, pleine d'entrain, et il lui fallut toute sa motivation pour rester assise et ne pas se lever pour sautiller partout. Ses yeux scintillaient. Oui, elle allait bien, ce qu'elle avait dit avant n'était qu'un accident, Zasz n'avait peut-être même pas noter. Peut-être qu'elle était comme tout le monde, peut-être qu'elle avait demandé juste pour se décharger la conscience. Et de toute manière, Mini ne voulait pas en parler. Alors elle entama le premier sujet de conversation qui lui passait par la tête, ce qui la rendait si joyeuse. « Oh, Zasz ! La semaine prochaine, j'ai un spectacle de danse classique. Tu viendras, dis, tu viendras ? Je peux te donner un billet gratuit, j'ai le droit d'inviter des personnes. » Mini adorait la danse classique, qui lui permettait de s'oublier un peu, de se sentir libre et en pleine forme. Elle en faisait depuis un bon moment, de ce sport, depuis avant même la mort de son jumeau, c'est pour dire. A vrai dire, avant, ils en faisaient à deux et c'est pour cette raison que la blondinette adorait toujours autant : danser lui rappelait son frère, et ça lui faisait le plus grand bien. Elle ressentit un pincement au coeur à cette pensée, mais n'en montra rien, elle était habituée, la douleur lui était familière, depuis le temps.

Fiche codée par Kaoru, de Bazzart.


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